Ngazidja, ou Grande Comore, est l'île principale des Comores. Ile de la Lune où le sablier du temps s'écoule plus lentement que dans d'autres mondes, ses médinas sont le reflet d'un passé culturel abondant. Elles se laissent arpenter avec convivialité et dévoilent un ailleurs que l'occidental peine à comprendre sans tomber dans l'empathie feinte. Mais là où bien d'autres ont fait le choix d'une mondialisation incontrôlée, au risque de perdre leur âme et leurs valeurs, Ngazidja reste fidèle à ses traditions. Certes, la télévision et l'internet sont présents sur l'île mais la vie sociale n'en a pas pâti. De jour comme de nuit, avec ou sans l'électricité, les comoriens se retrouvent dans les ruelles des quartiers. Certains refont le monde, surtout en période électorale. D'autres devisent sur tout et sur rien, sur la vie comme elle vient, avec ses difficultés et ses joies. Les plus jeunes improvisent des parties de foot ou se jettent à l'eau le soir.

Alors que les hommes se consacrent aux cinq prières du musulman et à leurs métiers d'artisans, de commerçants ou de pêcheurs, les femmes assurent le ciment social. Elles veillent au foyer et aux enfants. Dans les rues, drapées dans leur chiromani rouge ou dans des salouva bariolés, leurs silhoutettes élégantes sont autant de notes de couleurs qui tranchent avec les murs chaulés ou en pierres de lave.

Copyright Charles Bonnefond